Les grands masques africain suku kakungu

Les grands masques africain suku kakungu sont normalement accompagnés d'une barbe et d'une coiffe volumineuses en raffia. Ce visage de grande dimension et aux traits difformes terrorisait l'assistance. Bois fortement érodé. Les ethnies Suku et Yaka se reconnaissent des origines communes et disposent de la même structure sociale ainsi que de pratiques culturelles similaires. Ils ne peuvent être différenciés que par leurs variations stylistiques. La mukanda est le nom donné à l'ensemble des rites autour de la cérémonie d'initiation des jeunes pubères, consacrant la fin de l'enfance et partagée par de nombreuses communautés. Les masques suku kakungu sont réputés pour faire partie des plus grands masques d'Afrique Noire. Leurs traits exagérés, joues gonflées et pendantes, traits massifs et menton proéminent devaient inspirer la peur aux spectateurs. Ces masques censés maîtriser la pluie étaient de sortie lors des rites initiatiques mais, une fois n'est pas coutume, ne participaient à aucune danse mais bondissaient et gesticulaient. Ils apparaissaient également avec leurs pendants féminins kazeba ou mateemu . Source :'strong Initiés/strong '. Editions du Musée Dapper

Pot cérémoniel Bénin Edo

L'art africain du Bénin, art de cour figuratif.
Effet visuel d'une grand efficacité pour cette composition associant cavaliers à cheval et guerriers armés ou munis de l'épée cérémonielle Eben, sur un fond finement incisé de motifs de feuilles symbolisant l'univers du dieu Olokun. Patine brun doré, légères empreintes vert-de-gris.
La tradition des objets de cour en bronze du royaume Benin remonte au 14ème siècle. Les nombreuses têtes et statues en laiton créées par les artistes du Bénin étaient réservées à l'usage exclusif des habitants du palais royal et, le plus souvent, placées sur des autels consacrés par chaque nouvel Oba ou roi. Ces autels de forme rectangulaires étaient surmontés de têtes, de statues, de défenses d'ivoire sculptées, de cloches et de bâtons. Ils servaient à commémorer un oba et à entrer en contact avec son esprit. Les artisans de Bénin ont également produit des figures de cavaliers à cheval, représentant selon les interprétations, soit un roi bénin, soit un émissaire yoruba de la cavalerie d'Oyo. Certaines figurent pourraient être associées à Oranmiyan, qui a importé les chevaux vers 1200 à Bénin. A l'Oba Esigie qui faisait en outre chaque année son apparition juché sur un cheval suivi d'un cortège de serviteurs , le roi du Portugal fit parvenir en 1505 une monture et un costume de soie et de lin décoré de perles de corail. (Source : Bénin, ed. Snoeck)

Figure de calao Setien Senoufo

Sculpture associée à l'oiseau primordial faisant partie des cinq animaux de la cosmogonie Senoufo, première étape de la création Sénoufo ,et plus précisément le calao. Evoqué pour des critères morphologiques et comportementaux, il décore de façon emblématique, dans sa version miniature, de nombreux objets d'art africain senoufo. Son long bec, "interprété comme la figuration de l'organe sexuel mâle" pérennisant la vie de la collectivité, revient se poser sur l'abdomen de l'animal. Rehaussée de chevrons et de lignes parallèles,la patine tricolore est mate. Fissures de dessication, érosions sur la base.
Liée à la société du Poro qui initiait les jeunes garçons dès l'âge de sept ans en une succession de trois cycles d'une durée de sept ans ,cette sculpture du Setien était déposée dans l'enclos sacré, où , malgré son poids, portée sur la tête lors d'une procession. Les grands initiés considèrent son ventre bombé comme la gestation spirituelle des nouveaux venus au sein du Poro.

Couple de grandes statues Bembé

Cette paire de statues bembe impressionne par ses dimensions. Il s'agit d'un couple. L'homme tient en main un couteau et une tête miniature couverte de kaolin tandis que la femme tient sur son bras un enfant, lui aussi couvert de kaolin.
Les deux grands personnages sont dotés d'une patine rougeâtre relativement croûteuse. Tous deux portent des ornements noirs, tels que des bracelets. Ils portent une coiffe hémisphérique surmontée d'un excroissance blanche. Les traits des visages sont eux aussi démarqués de la patine à l'aide de pigment noir, tout comme le sont également les parties génitales. La statuaire bembe présente cette particularité de mettre en évidence les parties génitales, en particulier masculines, parfois dans des proportions surréalistes.

L'ethnie Bembe est un embranchement luba qui aurait quitté le Congo au XVIIIème siècle. Leurs société et tendance artistique sont empreintes de l'influence de leurs ethnies voisines dans la région du lac Tanganyika, les Lega, les Buyu, etc. En effet, à l'instar des Lega, les Bembe disposaient d'une association bwami responsable de l'initiation et structurante pour la société mais alors que le bwami était exclusif chez les Lega, d'autres associations coexistaient chez les Bembe. Au sein du bwami, les objets d'art tels que les masques et les statues avaient pour rôle d'aider les aspirants au kindi, grade le plus élevé, à se remémorer les règles morales qu'ils se devaient de connaître et d'appliquer.